Le coaching et la crise financière

dreamstime_xs_7191633La crise financière est devenue une crise économique globale. Dans cette crise les coachs ont une responsabilité particulière. Ils peuvent aider à attirer l’attention sur des aspects souvent étouffés ou oubliés. Une crise n’est pas synonyme de « Chaos » mais nous fait comprendre, parfois de façon douloureuse,  où se trouvent les failles du système. L’analyse et la compréhension des interdépendances entre l’être humain et son environnement peuvent nous donner des pistes pour trouver des solutions et des explications plausibles.

Les 3 aspects suivants me semblent essentiels à prendre en considération lors d’une telle analyse :

La Confiance

La base pour une relation d’affaire et les relations entre collaborateurs et cadres est la confiance. D’un point de vue économique, la confiance aide à économiser des coûts liés au contrôle. Bien entendu, établir une relation de confiance prend du temps. De ce fait pour obtenir des résultats ceci prendra du temps aussi…

Un manque de confiance peut être négligé quant les relations ne sont pas mises à l’épreuve. Mais en période de crise le manque de confiance à des conséquences désastreuses et la méfiance s’installe.  Je pense que la crise financière est en réalité une crise de confiance.

La confiance qui a été donné aux banquiers par les investisseurs a été abusée. Mais je pense aussi que cet abus n’a pas été commis de  façon intentionnelle.   La confiance entre les banques elles-mêmes a pris aussi du plomb dans l’aile.  De ce fait nous nous trouvons dans une ambiance de méfiance généralisée dont les conséquences négatives se feront ressentir encore pendant des décennies. Beaucoup d’efforts  et d’investissements en argent seront nécessaires pour rétablir, au moins en partie cette confiance.

Le calcul des risques

Une autre raison qui a contribuée à la crise financière est certainement un manque de formation de beaucoup de gestionnaires pour pouvoir calculer les risques de façon réaliste. Prenons l’exemple des loteries qui vivent grâce à ce principe. Même si la chance de toucher le Jackpot est de 1 sur 1 Million, beaucoup des gens se prennent aux jeux. Pourquoi ? Le cerveau humain multiplie la probabilité de gagner le Jackpot à la hauteur du montant qui est à gagner.

Exprimé autrement : De gagner 100 Francs en toute sécurité semble avoir la même valeur comme 1/100 de la chance de gagner 100’000 Francs. Pour obtenir un gain considérable, l’être humain accepte la faible chance de le gagner et est également prêt à prendre des risques disproportionnés.

Cela veut dire qu’un risque 10x plus élevés est compensé sans problème par la possibilité d’obtenir un  résultat supérieure – en tout cas subjectivement. La plupart des gens ont la tendance de risquer une perte qui n’est en aucune relation avec la probabilité de gagner.

La logique du “Casino” comporte trop de risques pour une économie qui a besoin de stabilité.  Les médias nous rapportent presque quotidiennement les conséquences néfastes des attitudes irresponsables des « jongleurs » qui ont joué avec des milliards des autres sans avoir su calculer les risques au préalable.

Ces exemples nous montrent aussi qu’il y a des zones sombres dans les organisations bancaires qui ont besoin d’être rapidement éclaircis. Les demandes en coaching concernent souvent ce point, même si les clients ont tendance à les formuler autrement.

Les freins à la réflexion

Non seulement les gestionnaires, mais aussi les cadres, les directeurs et les membres du conseil d’administration se sont fait prendre au jeu par des effets susmentionnés – à l’exception de quelques un peut-être. Le manque d’une attitude critique des responsables sur les interdépendances du système les a empêchés de donner l’alerte à temps. Car rationnellement  ils  savent qu’il est impossible de générer beaucoup d’argent avec « rien » sans qu’il n’y ait un grand « crash » à la fin.

Dans un contexte dans lequel l’enchère des bénéfices s’agrandissait d’année en année, il était quasiment impossible de sortir de ces jeux sans être considéré comme idéaliste ou perdant, et surtout si le bénéfice de la concurrence était encore plus grand.

Quand tout un système croit à un rendement de 15, 20 ou 25%, les freins à la réflexion montrent toute leur efficacité. En tout cas jusqu’au grand désastre.

Même la classe politique a aussi sa responsabilité.

Les retombés fiscaux des banques ont été trop séduisants pour justifier une intervention de la part de l’état. Peut-être ont-ils souvent demandé d’établir  une réglementation internationale ? Mais je pense que le souhait d’encaisser davantage d’impôts à pris le dessus sur la nécessité d’installer une transparence dans le but de renforcer la stabilité économique.

Le rôle du régulateur dans les entreprises incombe aux administrateurs.  Peut-être de nombreux administrateurs ont été élus à ce poste pour des raisons “politiques” et non pour leurs visions et compétences économiques. Ainsi se boucle le cercle d’un système qui pour des raisons susmentionnés à dû collapsé.

Les amendes, les contrôles massifs et autres mesures facilement « vendables » au grand public ne vont résoudre aucun de ces problèmes. Surtout quand les institutions de contrôle sont en interdépendance avec ce système. Aussi longtemps que les faiblesses de la capacité humaine de se forger une opinion ne sont pas prises en considération on ne peut pas s’attendre à une amélioration.

Les coachs expérimentés connaissent bien ces interdépendances et ils peuvent contribuer en accompagnant les responsables dans cette phase qui est de revoir chaque étape avant une prise de décision importante. Pour autant qu’ils aient la maturité de faire appel à un coach professionnel.

En résumé:

Toutes mesures prises sans prendre en considération les facteurs humains vont aggraver les problèmes. En continuant de traité les symptômes au lieu de traité les causes, l’échec est programmé d’avance. C’est seulement une question de temps.

Quelques articles intéressant à ce sujet :

La finance pour tous – Les  banques et la crise 12.2.2010
http://www.lafinancepourtous.com/Decryptages/Dossiers/Banque/Les-banques-et-la-crise/Les-causes-de-la-crise

« De l’importance de la confiance » par Fabien Delime et publié par Newzy Executive http://www.rhdemain.com/index.php?section=zoom&idnews=444&categ=10#seenews